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31 janvier 2022 1 31 /01 /janvier /2022 09:00
Avant de commencer cet article, je souhaite une bonne année 2022 à tous !  Puisse cette année nous permettre de nous libérer de la peur et retrouver foi en l'avenir, qu'elle nous apporte la joie de nous rapprocher des êtres qui nous sont chers, qu'elle nous procure la santé, tant mentale que physique.
Et maintenant, un peu de lecture ;-)
 
Charlotte est une jeune étudiante en panne dans sa vie. Elle s’est traînée au lycée et a passé son bac malgré l’overdose d’absurdité qui la rendait malheureuse comme les pierres.
Les confinements l’ont enfermée chez ses parents, obligée de suivre des cours en « distanciel ».
Peut-être était-ce la goutte de trop. Elle ne voit plus à quoi ça sert tout ça.
 
Ayant déjà travaillé avec elle par le passé, sa méthode de travail n’est plus en cause. Non, c’est vraiment la motivation. Pour utiliser le vocabulaire de mon « modèle Pacman » présenté en formation, c’est un cas de mutilation. En d’autres termes, la personne s’est coupée du sens pour ingérer des données. Il ne s’agit pas ici de mémoriser des choses qui n’ont pas encore de sens pour les comprendre plus tard. Il s’agit ici d’accepter d’ingurgiter des absurdités jusqu’à être dégoûtée de la vie.
Une façon de travailler est donc de trouver du sens aux épisodes de sa vie, aux données intégrées de façon brute, voire brutale.
Et pour Charlotte, voici une clef que j’ai trouvée qui pourrait être utile à d’autres.
Comme beaucoup de jeunes, Charlotte est sensible. La concurrence à tout prix, le mépris des valeurs humaines, tout cela la heurte profondément. Aussi je me hasarde à une explication.
Comment se fait-il que ces façons de pensée, et d’agir, brutales, aient pris le devant de la scène ?
Une conférence donnée par Emmanuel Todd au dialogue franco-russe en 2018 m’a ouvert tout un champ de réflexion. Par le passé Todd avait prédit l’effondrement de l’Union Soviétique à une époque où l’idée était risible, et cela tout simplement en regardant les courbes de natalité. En 2018, s’appuyant sur des faits, les données statistiques des naissances, des emprisonnements, des taux de suicide, etc., donc chiffres à l’appui, il énonce que la Russie va bien, que c’est un pays où la population s’épanouit, et qu’au contraire les États-Unis sont un pays où la population ressent un profond malaise. Déjà, cela surprend, car cela détonne par rapport aux discours ambiants des médias dominants.
À partir de ce constat dressé par Todd, poursuivons la réflexion. Après tout, quel conflit n’affecterait qu’un seul des pays impliqués ? Oui, l’idée est simple : un affrontement, quel qu’il soit, ne laisse aucune des parties indemnes. Quel est le rapport ? Eh bien, de 1947 à 1991, il y a une « guerre froide » entre les États-Unis d’Amérique et l’Union Soviétique. L’URSS s’effondre, et la Russie s’est rétablie depuis. Mais les USA ?… Pour gagner la guerre froide, ils ont lancé dans les années 1970 un libéralisme de guerre où les pauvres seront sacrifiés. Nous appelons ça le « néo-libéralisme » ou « l’ultralibéralisme ».
Parfois, la guerre oblige de sacrifier les plus faibles : Vercingétorix assiégé à Alésia, poussé dans ses retranchements, sacrifie les femmes et les enfants en leur interdisant l’accès aux vivres.
Vercingétorix perd la guerre des Gaules, mais les États-Unis gagnent la guerre froide. Pourtant, trente ans plus tard, le néolibéralisme est toujours de mise.
Cette parenthèse, ce mal nécessaire sur un temps restreint, doit se refermer.
L’humanité s’est construite sur la notion de partage, avec la création du langage, le souci des plus jeunes et des plus faibles d’une façon générale, l’encouragement de la diversité pour multiplier les points de vue dont la pluralité est utile en cas de crise pour trouver des idées pour s’en sortir. Le sacrifice des pauvres ou des plus faibles ne peut donc que relever d’une période anormale, la plus brève possible.
 
Je termine cette présentation des 75 dernières années de notre histoire…
Et Charlotte me regarde pour me dire : « Donc je ne suis pas obligée de bouffer les autres pour vivre. »
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24 janvier 2021 7 24 /01 /janvier /2021 09:00

Que répondre à la jeune Vita, 20 ans, déjà brillante pianiste mais qui veut s'améliorer pour arriver à bien jouer au piano ? Voici ma réponse, en trois parties.


Chère Vita,

Puisque tu m'as demandé à plusieurs reprises comment tu pouvais améliorer ton jeu au piano, la question doit être importante à tes yeux. Aussi j'y réponds, malgré le risque qu'elle te déplaise. Il est toujours délicat d'énoncer des vérités que nos interlocuteurs ne sont pas prêts à entendre. Mais j'imagine ta question sincère et je préfère prendre le risque de te voir progresser que celui de voir par mon silence flétrir ton talent, car tu en as.

Bien sûr, je ne te parlerai pas de la régularité de la pratique. Je croyais la citation de Paderewski, pianiste renommé et accessoirement premier chef de gouvernement de la Pologne ressuscitée, mais elle est de Vladimir Horowitz1 : « Si je ne joue pas du piano un jour, je ressens la différence. Si je ne joue pas du piano pendant deux jours, mes critiques le remarquent. Si je ne joue pas du piano pendant trois jours, mon public entend la différence. ». Je pars donc de l'idée que cela, tu le sais déjà. Et tu as la force de caractère pour t'astreindre à pratiquer chaque jour.

Mais quelque chose t'échappe. Aussi je te parlerai des subtilités qui font la différence, qui permettent de passer du niveau d'un bon joueur à celui d'un artiste.

Je te parlerai donc de l'équivalent de la pratique de l'annulaire, cette pratique  de la pratique des cinq doigts qui permet de libérer l'esprit et le rendre disponible pour la suite. La pratique de l'annulaire en sport, c'est l'étirement : après avoir travaillé, on s'étire afin de rendre le corps disponible pour l'activité suivante. La pratique de l'annulaire dans le domaine scolaire, c'est, une fois l'exercice terminé, de le refaire de tête avec l'énoncé sous les yeux.

Mais dans la vie quotidienne, qu'est-ce que la pratique de l'annulaire ?

En informatique, cela consiste à fermer les programmes ou les applications une fois que nous avons fini. Cela libère la mémoire et la puissance de calcul de l'ordinateur.

Dans la vie quotidienne, cela consiste tout simplement à ranger une fois l'activité terminée, ou, puisque ranger fait partie de l'activité, nous devrions dire, une fois le cœur de l'activité terminé, nous l'achevons par le rangement.

Lorsque nous faisons quelque chose et que nous ne rangeons pas derrière nous, une partie de nous sait très bien que nous n'avons pas achevé la tâche. Cela trouble notre esprit et contracte nos muscles. Évidemment nous n'avons pas envie de ranger : c'est de l'infantilisme. Nous voudrions être comme des enfants, ne pas assumer la conséquence de nos actes, mais ce temps est révolu. Et tant mieux car nous n'avons plus les parents sur le dos ! Certes, ils rangeaient derrière nous sans que nous nous en rendions compte, mais nous n'étions pas libres ! Le travail est le prix à payer pour être libre.

Aussi, quand je vois que tu excelles en pâtisserie, cela me réjouit doublement. D'une part, très égoïstement, je peux apprécier tes talents culinaires lorsqu'à l'occasion tu me fais partager tes créations. D'autre part, développer le goût, le toucher et l'odorat est très important pour accroître les qualités artistiques. Un artiste sans goût, sans tact et sans odeur... c'est un ordinateur ! Alors continue la pâtisserie.

Mais voici ce que j'ai observé : tu ne nettoies pas derrière toi. Tu laisses traîner les plats utilisés. C'est une erreur.

D'une part, les pâtissiers te diraient que c'est un de leur secret de nettoyer derrière eux. Pourquoi ? Parce que cela permet d'avoir des indices subtils sur la pâte. Est-ce qu'elle accroche quand tu laves les plats, se dilue-t-elle facilement ou au contraire se raidit-elle trop vite au froid ? Ton cerveau à l'affût relève à ton insu tout une série d'indices subtils qui amélioreront ta facture (facture : façon de faire) de gâteau. Et une fois que le gâteau est cuit, lorsque tu laves le plat, cela permet de voir si cela a trop cuit, si ça accroche, et comment. Sans parler de bien nettoyer le plat afin de le réutiliser impeccablement la prochaine fois.

D'autre part, en ne nettoyant pas derrière toi, tu laisses ton esprit indisponible. Soit tu oublies de nettoyer par une négligence coupable à ton âge : tu n'as pas compris que tout nécessite un effort, la pâtisserie comme le jeu musical. Soit tu fais exprès de ne pas nettoyer pour exercer soit une vengeance envers des membres de ta famille, soit une tyrannie domestique. Je t'invite alors à trouver d'autres moyens. Et puis tu n'es pas encore une diva pour faire des caprices de diva. Une diva a énormément travaillé : elle peut faire des caprices auxquels on cède car on apprécie par ailleurs l'excellence de son travail. Pour l'instant, tu n'en es pas là.

Si tu développes l'habitude de nettoyer, et ranger, derrière toi, tu développeras également une disponibilité d'esprit qui libérera ton expression artistique. Tu sais très bien qu'il faut nettoyer et ranger, aussi une part de ton énergie s'apprête à le faire. Mais, pour de mauvaises raisons, tu décides de ne pas le faire. Une autre partie de ton énergie sert alors à hurler contre la partie de toi qui veux nettoyer et ranger. À ce moment-là, une troisième partie de ton énergie arrive pour demander aux deux protagonistes de faire un peu moins de bruit car on ne s'entend plus penser !

Conclusion : nous dépensons trois fois plus d'énergie à ne pas faire que faire ce que nous avons à faire.

Et puisqu'il y a une contrariété, à cause de cette lutte interne entre faire et ne pas faire, en plus de la demande de silence, cela contracte les muscles. Le jeu musical en subit les conséquences inévitablement.

En résumé, tu veux t'améliorer au piano ?… Fais la vaisselle !

(FIN DE LA PREMIÈRE PARTIE)

1If I don't play the piano for one day I feel it myself... on the second day the critics will notice it... and on the third day the audience will hear it.
Vladimir Horowitz (1903 – 1989)

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23 septembre 2020 3 23 /09 /septembre /2020 08:00

Un jeune étudiant, un de ceux surpris d'avoir eu son bac, s'étonne de voir que je connais des dates historiques que lui n'arrive pas à apprendre (ni mémoriser, ni comprendre).
- Mais comment faites-vous ?
- Je pars du principe que bien sûr je vais mémoriser ce que j'entends, je lis, je regarde.
- Ah oui, moi c'est le contraire.
- C'est-à-dire ?
- Je pense que je ne vais pas mémoriser ce qui ne m'intéresse pas. Ou que c'est trop à apprendre.
- Cela ne vous intéresse pas, ou bien est-ce une excuse derrière laquelle vous vous retranchez pour ne pas faire l'effort de mémoriser ?...
- Mais mémoriser ça devrait se faire tout seul !
- Vous confondez ici différents sujets : comprendre et mémoriser, enfance et adolescence, cerveau et conscience, entre autres choses.
- Ah bon.
- Mais cela fait déjà un moment que nous travaillons ensemble, ce n'est pas notre premier entretien. Aussi je vais vous livrer un secret. Si je mémorise facilement, c'est que je sais que je ne sais pas, loin de là. Aussi j'ai toujours soif de savoir. Les choses se font toutes seules comme vous dîtes. Si au contraire je mettais en avant toutes mes connaissances, je pourrais être suffisant. Dans ce cas, comment apprendre quelque chose de nouveau quand on pense déjà tout savoir ? C'est beaucoup plus difficile.
- C'est une blague : comment pouvez-vous croire que vous ne savez pas, vous connaissez déjà tant de choses.
- Non, c'est très sérieux. Plus on connait de choses, plus on s'aperçoit qu'il y a encore tout un monde à découvrir et explorer, tant de choses à inventer et à faire, tant d'actions à mener, tant de gens à rencontrer. Cela permet de garder l'esprit frais. Au contraire, croire que l'on sait, c'est s'enfermer dans son savoir, le cloisonner et le laisser croupir, s'isoler du monde, vivre dans la suffisance de soi. Et quand le monde frappe à notre porte, il le fait toujours, nous sommes bien embêtés d'être obligé d'ouvrir notre porte ou notre fenêtre sur l'extérieur. Nous devons alors déployer une énergie immense pour accepter que nous devons apprendre. Et cet apprentissage nous demandera beaucoup d'énergie.
- C'est aussi simple que cela.
- Oui, l'attitude d'esprit donne le ton, et le reste suit. Si vous vous imaginez au-dessus de tout, apprendre quoi que ce soit vous oblige à vous baisser. Si au contraire vous imaginez la connaissance plus grande que vous, vous n'avez qu'à vous tenir debout sous elle pour la comprendre : elle coule de source, elle tombe comme une pluie de printemps sur une terre assoiffée. En anglais d'ailleurs comprendre, c'est se tenir debout -- stand -- dessous -- under : understand.
- Je vais y réfléchir...

Ce jeune illustre un des défauts de sa génération : la suffisance. Comment admettre son ignorance ou sa faiblesse quand une cour d'amis vous admire sur les réseaux sociaux ?... Quand il suffit de cliquer pour trouver une erreur dans le discours d'un prof ?
C'est le même défaut en dialogue pédagogique : si nous croyons tout savoir de l'autre, qu'apprendrons-nous de lui ?... Si au contraire nous admettons notre inévitable ignorance, notre écoute sera guidée par ses paroles. Sa cohérence interne nous apparaîtra avec toujours plus de clarté sans les ornières de nos préjugés.

Frédéric Rava-Reny

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26 août 2020 3 26 /08 /août /2020 23:50

Vous êtes un jeune sensible et la crise du COVID vous démotive ? L'absurdité du monde des soi-disant adultes vous a explosé au visage. Pourquoi donc grandir dans cette mascarade généralisée ? Étudier, faire des efforts, pourquoi faire ?
Je suis d'accord avec vous, pour qui connaît la Chine (populaire), s'attendre d'elle en 2019 qu'elle avoue être frappée d'une épidémie, c'est un peu comme si dans les années 40 on avait attendu que le IIIe Reich publie des statistiques sur son nombre de victimes polonaises.
Que des adultes soient surpris de la réaction de Donald Trump, cela dénote une ignorance du personnage.
Quant à croire que l'OMS émette des avis impartiaux, je vous le concède, cela relève de l'irénisme (irénisme : terme littéraire désignant le monde des Bisounours).
Alors, on continue de grandir ou bien on se réfugie derrière un écran (de fumée, d'excuses, de PSP...) ?

Un remède : bien regarder le documentaire Chine-USA, la bataille de l'OMS, disponible sur Arte jusqu'au 28 août.
Si vous le suivez avec attention, vous découvrirez non seulement le rôle de l'OMS dans la crise du COVID, mais aussi pourquoi il est important de continuer d'apprendre le chinois malgré le totalitarisme en place à Pékin, de poursuivre ses études et de s'intéresser aux affaires du monde qui est aussi le vôtre.

Je reprends. Déjà, l'OMS, l'Organisation Mondiale de la Santé, est en réalité victime de la crise du COVID car elle se trouve prise entre la Chine d'un côté et les États-Unis de l'autre. Vous croyez que cela ne vous concerne pas, vous avez tort. Voici pourquoi.
Au sortir de la Seconde Guerre Mondiale, les gens qui se sont battus pour la liberté et la paix dont VOUS bénéficiez ont réorganisé le monde pour qu'il aille mieux (et vous avec !).
Ils créent ainsi l'OMS, pour que chaque être humain puisse avoir accès à la santé.
Et même en pleine guerre froide (1946-1991), alors que les États-Unis d'Amérique et l'Union Soviétique s'affrontent, leurs médecins travaillent ensemble partout dans le monde grâce à l'OMS. Et font même disparaître en 1980 la variole, maladie vieille de 5.000 ans...
Mais alors, que s'est-il passé ?...
Un aveuglement. Vous, le monde des grandes personnes vous effraie. Les grandes personnes, elles, ont peur de voir la Chine telle qu'elle est : un état totalitaire. On a tellement peur d'elle qu'on préfère dire "autoritaire" plutôt que "totalitaire". Et pourtant.
Quand le COVID éclate, en décembre 2019 quelques médecins chinois alertent leur gouvernement qu'une épidémie est bien là. Que fait ledit gouvernement ? Il envoie la police les arrêter pour diffusion de nouvelles alarmistes. Un certain nombres mourront en prison.
Pékin veut contrôler le présent, le passé et l'avenir. Tout Chinois qui dit quelque chose qui ne lui plaît pas peut le payer de sa vie.
Une excuse pour arrêter d'apprendre le chinois ?... Non : il faut des personnes pour dialoguer et aider ces Chinois remarquables, comme ces médecins qui donnèrent l'alerte.
Et puis, si on regarde, on parle aussi chinois à Taïwan, le pays qui a le mieux géré le COVID. Comment ? Comme Pékin leur interdit d'être membre de l'OMS, Taïwan a dû se débrouiller tout seul. Résultat : 7 morts... Pour 23 millions d'habitants.
Comment ont-ils fait ? Simple : ils parlent chinois, ils connaissent bien la Chine leur voisine, ils ont appris qu'il fallait apprendre à penser par soi-même et ne pas faire une confiance aveugle à Pékin.
Et Taïwan est une vraie démocratie, avec de vrais élections, la liberté d'expression et des contre-pouvoirs efficaces ! Quatorzième puissance mondiale... (ASUS est taïwanais...)
La crise du COVID nous montre donc que nous avons fait confiance à des gens qui ne la méritaient pas : quand la Chine disait que tout allait bien, nous aurions dû écouter les voies discordantes comme a fait Taïwan. Ah, si plus de gens parlaient chinois, et notamment des gens sensibles ou intelligents ou courageux (ou les deux ou trois en même temps), nous n'en serions pas là ! Alors qu'attendez-vous pour vous y (re) mettre (au chinois) ?...

Mais l'OMS a-t-elle toujours été aussi crédule face à la Chine ?
Non, au contraire. En 2002, un autre coronavirus, le SRAS, apparaît en Chine. Pékin cache les morts mais l'épidémie arrive à Hong-Kong. L'OMS le sait, que va-t-il se passer ?... Comme avec le COVID, dire que tout va bien ?... Non, l'OMS va faire son travail. Sa directrice, Mme Brundtland était pédiatre, et aussi pendant dix ans premier ministre de la Norvège. Elle n'a pas froid aux yeux. Elle arrive à faire plier la Chine qui devra partager ses données sur le SRAS. Du coup l'épidémie est maîtrisée.
Comme quoi, et c'est un point important, il existe des hommes politiques doté d'humanité et au service des gens. Il ne faut donc pas se décourager en pensant que tout pouvoir est forcément corrompu ou que les organisations internationales sont aux mains des gens mesquins. Non, cela dépend de chacun de nous. C'est à nous de nous impliquer dans la vie du monde. Si nous ne faisons rien, nous laissons le mal agir. Mais souvent nous avons peur de la brutalité : elle nous terrifie et nous lui laissons le champ libre. C'est à chacun d'entre de s'investir dans la vie. À nous de choisir à quel poste de responsabilité nous voulons avoir accès, de boulanger amoureux de son travail à homme politique soucieux du bien-être des gens. Prenons notre place, ne la laissons pas aux mesquins, aux envieux et aux incapables !

Mais si l'OMS a réussi à faire ça en 2002, en sauvant autant de vies, pourquoi, me direz-vous, un tel échec en 2019 et 2020 ?... C'est que Pékin est furieux depuis 2002 d'avoir été obligé de dire la vérité au monde entier. Il lance alors une stratégie de prise de contrôle de l'OMS. Comment est-ce possible ? Au début de son histoire, l'OMS était aux mains des pays du Nord. La décolonisation arrive, l'économie mondiale se déploie : on assiste alors à une bascule en faveur des pays du Sud. Pékin se présente en champion des pays du Sud. Le directeur général actuel était SON candidat. Il n'allait pas dire qu'il y avait un problème en Chine !... Dans le même temps, les membres de l'OMS se polarise en camp américain et camp chinois. Washington sent le pouvoir lui échapper, alors qu'il donne beaucoup d'argent à l'organisation. Quand il la surprend en flagrant délit de mensonge, Trump décide de la quitter.
Et nous dans tout ça, Français ou Européens, c'est bon pour nous ?... Non car Pékin comme Washington veulent radicaliser le monde alors que nous avons tout intérêt à ne pas entrer dans un monde binaire. Lorsque les gens se radicalisent, on est obligé d'être pour ou contre, de choisir un camp, mais est-ce bon pour vous ? Et quand on appartient à aucun des deux camps, car l'Europe n'est ni chinoise ni américaine, que faire ?...
Nous avons tout intérêt à développer notre diversité : nous devons rencontrer des idées différentes qui obligent à s'assouplir. Le travail scolaire est génial pour ça !

Apprenons donc le chinois, assumons qui nous sommes en choisissant une profession (ou plus) qui nous plaît, investissons-nous à fond dans nos études.
Autrement les gens mesquins prendront notre place et se cachant derrière un masque. Et nous, derrière le nôtre.

Alors, bas les masques !...
Et au travail...

Aux jeunes démotivés par le COVID (et l'OMS)
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17 mai 2020 7 17 /05 /mai /2020 08:00

À regarder autrement le COD, le complément d'objet direct, on pourrait adhérer au conspirationnisme qui pullule actuellement sur la toile. Y aurait-il une conspiration entre la grammaire et la physique ?

Premier épisode : quand vous découvrez "qu'on" vous a menti sur le COD.

Oui, car, le C.O.D., complément d'objet direct dans le texte, on connaît. Ou on croit connaître. Bien en plus, surtout après deux mois de confinement à accompagner les gamins. Le COD a-t-on appris (bêtement) à l'école, c'est ce qui répond à la question "quoi". Genre : le chat mange la souris (depuis le temps, il doit être obèse), le chat mange quoi, la souris, la souris complément d'objet direct. Pour ceux qui pensaient que c'était un déterminant et un nom, faut changer d'article... (et sans vouloir tomber dans le genre querelleur, il faut aussi arrêter l'écriture inclusive qui entretient la confusion entre la nature, souris est bien un nom, et la fonction, souris est bien un complément d'objet, mais c'est un autre sujet)

Donc la souris, complément d'objet direct...

Complément d'objet direct de quoi d'ailleurs, on se le demande. Mais bon, faut pas chercher à comprendre, c'est l'école, c'est la grammaire, et la grand-mère, elle radote ou elle a Alzheimer, donc, circulez, y a rien à (sa) voir.
Bon, puisque vous insistez, on va faire un complément d'enquête sur le complément d'objet direct. Complément, ça complète. Oui, mais ça complète quoi ?
Le chat mange la souris, la souris complète le chat parce qu'il a faim ?...
Le complément d'objet complète le verbe, car manger une souris ou manger un bœuf, ce n'est pas pareil. On dit qui vole un œuf vole un bœuf mais pas qui mange un œuf mange un bœuf ! Sinon adieu les régimes et la faim dans le monde ! (bon, d'un autre côté, vu que la plage risque d'être interdite cet été, à quoi bon faire un régime...)
Manger une souris, un bœuf, une banane, ce n'est pas exactement la même action.
Le complément d'objet raconte quelque chose de plus sur le verbe.

Mais pourquoi on nous aurait menti ? Ça ne répond pas à la question "quoi" ?...
Pas que. Ça c'est un truc, une astuce. On vous l'a fait à l'envers.
Le COD peut devenir sujet d'une phrase qui raconte la même histoire mais renversée : la souris est mangée par le chat. C'est bien la même situation mais vue du point de la souris.

Alors dans un sens, le chat mange la souris, c'est la voix active car l'acteur principal est le chat et il fait l'action. La même situation vue dans l'autre sens, la souris est mangée par le chat, c'est la voix passive car l'acteur principal est la souris et elle subit l'action.

La "vraie" définition du COD est donc ce qui peut devenir sujet à la voix passive.
Je prends un autre exemple : quand on danse, le tango par exemple, il faut être deux : un qui mène la danse, et l'autre qui suit. Les deux partenaires sont d'accord. Sinon ils se marchent sur les pieds ? Non, sinon ils ne peuvent pas danser. Celui qui mène la danse est le sujet et celui qui suit la dans est le complément d'objet direct. Pierre dirige Marie : Pierre sujet (du verbe dirige), Marie complément d'objet direct (du verbe dirige). Marie est dirigée par Pierre : Marie sujet (du verbe est dirigée). Pierre devient complément (d'agent, c'est encore une autre histoire...).

Le COD est le partenaire du sujet sans lequel l'action décrite par le verbe serait impossible.
On est donc très loin de la question "quoi". Les conspirationnistes diront que cette question est faite pour nous laisser cois.
En tout cas, c'est sûr, on ne nous dit pas tout !
La preuve, en physique...

Deuxième épisode : quand vous découvrez "qu'on" vous a menti sur "tout est relatif".

Eh oui braves gens, vous croyiez comme moi que "tout est relatif", c'est Einstein, que la relativité, c'est Albert, eh bien non. On vous ment.
En fait c'est Galilée... Vous savez, le gars qui a failli se faire brûler comme son pote qui croyait aux extraterrestres (l'infortuné Giordano Bruno), mais qui s'en est sorti en disant qu'il s'était trompé, que c'était bien la Terre qui tournait autour du Soleil et pas le contraire. Bon, je peux vous l'avouer, si Galilée n'avait pas été le prof de maths du neveu du pape, ce se serait bien plus mal passé, comme quoi ça sert d'avoir des connaissances bien placées.
Il n'empêche, la relativité, c'est Galilée. Qui dit par exemple que quand une voiture roule sur la route, on considère spontanément tout du point de vue de la voiture, et donc que c'est la route qui est fixe. Évidemment me direz-vous, c'est bien connu, la Terre est immobile (sauf au Japon et parfois en Italie avec les séismes, mais bon...). La Terre est immobile, la preuve le Soleil se lève le matin, bouge toute la journée et fatigué, se couche le soir.
Faux, tout faux ?... Non dit Galilée, tout est relatif ! (oui, c'est bien son idée à lui...)
Galilée réduit en cendres vos certitudes, et le bûcher l'a guetté pour ça...
Pour Galilée, tout est une histoire de point de vue : on peut choisir ce que l'on veut comme point fixe, on dira référentiel. Si on dit que la Terre est fixe, c'est la voiture qui bouge. Et si on considère que c'est la voiture qui est fixe, c'est le paysage qui défile sous vos yeux car la Terre est mobile.
Tout est relatif ! Albert Eintein. Galilée.
Je vous le dis, on nous ment, mais attendez, la preuve de la conspiration est proche. La collusion entre grammaire et physique sera enfin bientôt dévoilée.

Troisième épisode : quand le COD rencontre la dynamique

Oui, je les vois venir d'ici, les sbires de l'Académie, cette agence créée par Louis XIV pour formater la langue et en sous-main les esprits. Ils me diront : le COD, c'est quand il y a un verbe d'action ! Certes, ils le diront de façon beaucoup plus subtile, et tout à fait entre nous, plus emberlificotée.
Vous vouliez la preuve qu'il y a un formatage de la langue ? Avouez, vous avez eu un doute sur "emberlificotée"...
Mais c'est quoi cette histoire de verbe d'action ?...
Eh bien un verbe d'action, c'est quand ça bouge. Quand ça ne bouge pas, c'est un verbe d'état.
Du coup, on est au repos (verbe d'état) ou en mouvement (verbe d'action) ?

Le chat est gris : on est au repos, "est", verbe d'état.
Le chat mange la souris : ça bouge, "mange", verbe d'action.

Le COD, c'est que pour les verbes d'actions. Pour les verbes d'état, comme ça ne bouge pas, on ne peut pas renverser le point de vue. Le chat est gris. Gris est le chat. C'est exactement le même point de vue, l'un raconté normalement, l'autre par Maître Yoda.

Et alors ?... La conspiration éclate au grand jour.
En physique, il y a une branche qui s'appelle la statique (quand la somme des forces est vectoriellement nulle). Et une autre qui s'appelle la dynamique...

Comme c'est bizarre... La statique correspond aux verbes d'état. Les verbes d'actions correspondent à la dynamique. Oui, on peut crier à la conspiration !

Quatrième épisode : le COD comme référentiel possible, la conspiration dévoilée

Et ce n'est pas tout ! Prenons un stylo et lâchons-le par terre.
Nous pourrons dire « La Terre attire le stylo. » et dans cette phrase, la Terre est sujet, et le stylo COD, car on peut renverser le point de vue : « Le stylo est attiré par la Terre. » où le stylo devient sujet et la Terre complément (d'agent).
Mais si nous suivons la démonstration de Newton (le gars à la pomme), qui prolonge le travail de Galilée, le stylo attire autant la Terre que la Terre l'attire.
Le COD devient alors celui qui subit une action mécanique réciproque, d'égale intensité mais de sens ou direction opposée, que l'action mécanique exercée par l'autre objet (le sujet) sur lui. Il y a égalité de traitement entre le sujet et le COD du point de vue de la physique. Dans notre tango, le danseur et la dansée sont à égalité (d'où l'inanité de l'écriture inclusive qui veut faire genre en ajoutant de la confusion à l'abstrusion de l'enseignement de la langue). D'ailleurs on ne dit pas le danseur et la dansée, mais bien le danseur et la danseuse. La distinction de genre informe sur les rôles respectifs, égaux, opposés mais complémentaires des deux partenaires.
Mais si les deux partenaires sont égaux, pourquoi le stylo tombe alors ? C'est qu'il bouge plus car c'est le plus léger.
Du coup, si on décrit l'action du point de vue du plus lourd, c'est la voix active : « la Terre attire le stylo ». Si on décrit l'action du point de vue du plus léger, c'est la voix passive : « le stylo est attiré par la Terre »

La physique et la grammaire se rejoignent.

Alors, conspiration ?... Ou convergence cognitive ?... Ne serait-ce pas le même cerveau et la même pensée humaine qui observe et modélise la réalité, dans un cas d'un point de physique, avec un regard homogène / synchronique / géographique / spatial, et dans l'autre d'un point de vue grammatical avec un regard hétérogène / diachronique / historique / temporel ?...
Cela expliquerait pourquoi nous enseignons la grammaire et la physique, pour développer la multiplicité des points de vue que nous posons sur le monde et ainsi devenir toujours plus humain, selon un verbe d'état, ou en suivant un verbe d'action, de développer toujours davantage notre humanité.

 

Frédéric Rava-Reny

 

 

 

 

 



 

 

 

 

 

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8 mai 2020 5 08 /05 /mai /2020 08:00

Nathan, douze ans, s'interroge sur l'allemand. Apprendre une fois encore des choses absurdes risque d'être la fois de trop. Mais qu'est-ce donc que tous ces cas à apprendre, le nominatif, l'accusatif, etc. ?...
Retrouvons un peu de sens, car, contrairement à ce que nous croyons souvent, ce que nous apprenons est loin d'être insensé contrairement aux apparences.

Apprendre une langue, c'est apprendre un autre point de vue sur le monde : cela rafraîchit l'esprit car cela nous sort de nos évidences.

L'allemand (sans majuscule à allemand donc je parle de quelque chose, ici, de la langue ; si je voulais parler d'un être, je mettrai une majuscule : l'Allemand), l'allemand va se poser cinq questions face à une situation.

La première : on se repose ou non ?
Il y a plein d'autres façons de la dire. C
'est un point de vue statique ou dynamique ? Envisage-t-on les choses comme si elles bougeaient ou comme si elles ne bougeaient pas ? Un appareil photo suffit ou une vidéo est nécessaire ?

Si c'est un point de vue statique, en grammaire on dit qu'il y a un verbe d'état.
Si c'est un point de vue dynamique, en grammaire on dit qu'il y a un verbe d'action.

 

Examinons le point de vue dynamique. Les quatre autres questions correspondent à chaque cas. Elles sont simples car si une langue était trop difficile, personne ne pourrait la parler ! Et les enfants n'arriveraient pas à l'apprendre, elle finirait par disparaître.

Donc, quatre questions simples (je n'ai pas dit faciles, j'ai dit simples).
Pour savoir à quel cas est un nom, etc.

Première question : est-ce l'acteur principal ?
Oui : c'est au nominatif.
Non : deuxième question.

Deuxième question : est-ce que ça pourrait le devenir ?
Oui : accusatif.
Non : troisième question.

Troisième question : est-ce qu'on fait ça pour ou contre lui ?
Oui : datif.
Non : quatrième question.

Quatrième question : est-ce qu'on parle de lui ?
Oui : génitif.
Non : il y a une erreur quelque part...

Nathan est très content : finalement, il y aurait bien du sens à trouver, et ça change tout.

Je lui donne quelques phrases pour s'entraîner.
L'une d'entre elles pour exemple :
Pierre écrit une lettre à Paul dans le salon.

Pierre : est-ce l'acteur principal ? Oui. Au nominatif.

Une lettre : est-ce l'acteur principal ? Non.
Est-ce que ça pourrait le devenir ? Oui : Une lettre est écrite par Pierre. Une lettre (à Paul) est écrite dans le salon par Pierre. Donc, une lettre, accusatif (en français on dirait COD !).

à Paul : est-ce l'acteur principal ? Non. Pourrait-il le devenir ? Non (À Paul, Pierre écrit une lettre dans le salon. C'est la même scène.)
Est-ce qu'on fait ça pour ou contre lui ou elle ? Oui. Datif : à Paul est au datif.

dans le salon : est-ce l'acteur principal ? Non. Pourrait-il le devenir ? Non. Est-ce qu'on le fait pour ou contre lui ? Non. Est-ce qu'on parle de lui ? Oui. Génitif.

 

Voilà, cela n'explique pas tout, cela ne fait pas tout, mais cela redonne du sens, et du coup une lueur d'espoir...

 

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13 avril 2020 1 13 /04 /avril /2020 08:00

– Tu as d’autres questions ?
– Oui, j’aimerais savoir pourquoi on se lave les mains.
– Tu veux dire pourquoi on se lave les mains avec l’épidémie de coronavirus ?
– Oui, mais aussi pourquoi on se lave les mains.
– D’accord. Mais tu n’as pas une idée ?
– Ben oui, pour être propre ! Mais ça veut dire quoi au juste, et ça marche comment ? Ce n’est pas que je ne veux pas le faire...
– Rassure-toi, tout le monde fait mieux les choses en les comprenant. On se sent mieux dans sa peau après ! Tiens, la peau, c’est fait de quoi ?
– De cellules ! On a vu ça à l’école.
– Certes, mais la peau des cellules de la peau, elle est faite en quoi ?...
– C’est une blague ?...
– Tu préfères que je te dise la « membrane plasmique » plutôt que la peau des cellules ?...
– Oui, c’est plus amusant, enfin non, la peau des cellules... de la peau, ça me va très bien en fait (sourires).
– D’accord. Alors la peau, c’est fait en quoi ?
- Aucune idée !
– Tu veux que je te dise ou que je te fasse deviner ?...
– Deviner !
– D’accord. Alors, quand Maman te masse, c’est mieux avec ou sans huile de massage ?
– Avec, à condition qu’elle n’en mette pas trop !
– Bien. Si on masse juste avec les mains, ça frotte davantage qu’avec de l’huile, juste ?
– Juste.
– Avec de l’huile, c’est plus facile. Mais elle devient quoi après cette huile ?...
– Eh bien en massant, elle disparaît.
– Tu sais disparaître c’est très difficile. C’est comme lorsque tu joues à cache-cache, tu disparais peut-être de la vue si tu es bien caché mais tu ne disparais pas vraiment, tu es juste ailleurs. Alors à ton avis, l’huile que tu mets sur la peau, quand tu frottes, que devient-elle ?
– Hum, elle passe dans l’air ?...
– Possible. Et ta peau, elle devient comment après le massage ?
– Plus douce. Ah je sais, l’huile est passée dans la peau.
– Oui, la plus grande partie de l’huile va passer dans la peau, celle des mains qui massent et celle de l’endroit massé.
– Ça voudrait dire que la peau est faite d’huile ?!
– Oui, de graisse en fait, ou de lipides si tu préfères.
– J’ai déjà entendu ce mot, lipides.
– Les lipides, c’est la matière grasse des êtres vivants. Donc le coronavirus a aussi une peau en graisse.

Ah ouais ! Et le savon ? Ah oui, le savon enlève la graisse.
– Oui, et il enlève aussi toute la graisse de la peau du coronavirus. Du coup il meurt !

Trop bien ;-)

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12 avril 2020 7 12 /04 /avril /2020 08:00

Quand on est enfant, il y a les gentils et les méchants.
Le monde est facile à lire.
Peut-être car il s'agit de grandir, et d'agir, et que la dichotomie aide à trancher.

En grandissant, on s'aperçoit que la vie est plus complexe. Certes, en France, apparemment, on n'enseigne plus la trilogie thèse-antithèse-synthèse. Je regrette cette absurdité qui maintient les esprits dans un infantilisme. Pourquoi un infantilisme ? Car en refusant de montrer un modèle ternaire, on maintient la pensée dans un monde en noir et blanc, modèle enfantin qui sied aux bambins, marque infantile aux personnes plus viriles.
Est-ce dangereux ? Oui, cela affaiblit la République.  Pourquoi ? Car c'est la synthèse qui permet aux contraires, la thèse et l'antithèse, de vivre ensemble. Et notre société se nourrit de nos différences dont nous arrivons à faire des forces en les mettant en commun grâce au dialogue.
Cesser d'enseigner le dialogue entre deux points vues contraires, c'est empêcher les élèves, et plus tard les citoyens, de faire coexister la raison, suivre les directives de l'école, et le cœur, trouver du sens à l'existence. C'est les enfermer dans un choix cornélien. Que choisir entre "c'est comme ça, obéis, ta place est à ce prix" ou "c'est comme ça, désobéis, tu n'as plus de place". Soit le banc de l'école, soit le ban de la société. En plus des souffrances individuelles, parfois terribles voire létales avec le suicide, c'est la société toute entière qui se prive de talents qui n'ont pas surmonté cette absurdité. Tout le monde est perdant à ce jeu.

Nous devons enseigner de nouveau la trilogie thèse-antithèse-synthèse. D'un monde en noir et blanc où tout met en lumière un conflit de valeurs, nous passons à un monde où le jaune, le rouge et le bleu existent pour donner matière à la couleur.

Nous aurons ainsi franchi un grand pas en passant du binaire au ternaire. Mais pourquoi s'arrêter à une trilogie quand une tétralogie nous attend ?... Transposant en le sachant ou non les quatre sens de l'Écriture à la pédagogie, Antoine de La Garanderie nous redonnait une clé de lecture universelle : tout peut se lire à l'aune des quatre paramètres (ou portes, ou points de vues, etc.) P1, P2, P3, P4. La médiévale tétralogie histoire, allégorie, tropologie, anagogie, s'actualise en concret, convention, opération complexe, opération élaborée. Ou action, cadrage, objectivité, subjectivité.
Ceux qui se réclament de la "gestion mentale" sont censés connaître par cœur cette tétralogie, et la manier avec brio au point d'être capable de faire un "profil pédagogique" dont la marque est un histogramme avec ces P1, P2, P3, P4.

Après plusieurs années de recherche, au fil de ses publications, La Garanderie découvrait l'existence de cinq gestes mentaux de base. Sa phénoménologie de la pensée rejoignait ainsi celle du corps que représente le taoïsme, selon lequel il y a également cinq mouvements de base. Parmi les applications pratique, le kung-fu, la médecine chinoise avec l'acupuncture et le tuina, la médecine japonaise avec le shiatsu, etc. Nous sommes bien passés de quatre à cinq.

Pourquoi s'arrêter en si bon chemin ?... Allons jusqu'à six. Voire sept même !
Mes recherches en noématique, recoupées par des études en sciences cognitives, montrent qu'il y a six natures de langage, ou six modes d'expression, ou six façons de produire.
Et mon modèle, exposé dans Les 32 joyaux de la pensée, se complète avec les sept niveaux de compréhension par lequel tout un chacun appréhende le monde extérieur.

Nous pourrions continuer, parler des huit modes de direction que j'enseigne à mes élèves de quatrième année, etc. mais revenons à notre monde en noir et blanc.
S'il nous est si familier et si charmant, ce n'est pas seulement parce que c'est un souvenir d'enfance. Ce n'est pas seulement par paresse intellectuelle.
C'est aussi parce qu'une fois sur le terrain de l'action, il n'y a plus que deux options, agir ou ne pas agir. Il faut donc trancher, comme dans tout acte de réflexion. Il faut arbitrer.
Et, in fine, il n'y aura que ce que l'on aura fait, d'un côté, et tout le reste, de l'autre (ce que l'on a pas fait, ce que l'on aurait pu faire, dû faire, etc.).
 

C'est le paradoxe de l'action : malgré l'effort organique (physique) pour l'accomplir, elle est reposante intellectuellement.
Faire le tri, couper les cheveux en quatre, s'esquinter, et tout le tintouin, c'est bien joli, mais c'est aussi éreintant. Arrive le moment du choix, où il faut agir !
L'action permet de faire la synthèse entre le corps et l'esprit.
La synthèse permet du corps et de l'esprit permet l'action...

Tout ça pour ça ! C'était bien la peine, me direz-vous, de quitter l'irénisme (le monde des Bisounours) enfantin pour y retomber.
Retomber, non. Enfant, nous n'avions pas conscience de la grande diversité du monde. Même si elle nous attirait ou nous émerveillait, nous ne savions pas ce qu'elle représentait. Nous n'arrivions pas à la penser, à l'appréhender. Prisonnier de cette dichotomie, cette variété nous restait étrangère. Soit elle nous aliénait, en nous faisant devenir un autre que nous-même (sans s, c'est bien d'un être singulier dont je parle !), soit nous la rejetions. En la concevant grâce à la trilogie et ses suivantes, nous redonnons naissance à nous dans le monde.
Cet être renouvelé contacte le cœur calme et joyeux de la conscience : enfantin, enfin !

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31 mars 2020 2 31 /03 /mars /2020 19:13

– Dis Papa, pourquoi on est confiné ?
– Il y a une épidémie de coronavirus, tu sais, ce virus avec une couronne. Le plus de monde possible reste chez soi pour freiner la transmission de la maladie.
– Pourquoi freiner et pas arrêter ?
– Parce que ce virus est très contagieux. Donc tout le monde va l’attraper.
– Ah bon ? Et on va tous tomber malade alors ?
– Non, les enfants par exemple ne risquent rien. Les personnes âgées au contraire, si.
– Et alors, elles vont toutes mourir ?
– Non, sauf si tout le monde tombe malade en même temps. C’est pour ça que tout le monde ou presque reste chez soi, pour freiner l’épidémie.
– Et il se passerait quoi si tout le monde tombait malade en même temps ?
– À ton avis ?
– Ah oui, tout le monde irait à l’hôpital en même temps.
– Et ?...
– L’hôpital serait plein, il ne pourrait pas soigner tout le monde.
– Voilà.
– Si j’ai bien compris, on reste à la maison pour que les personnes âgées puissent aller à l’hôpital quand elles vont tomber malades et que l’on puisse les soigner correctement.
– C’est ce que j’ai compris aussi.
– Ah mais c’est chouette alors. On fait tout ça pour les personnes âgées.
– Et aussi les personnes les plus faibles par rapport au virus.
– Et on sait qui c’est ?
– Non, pas encore, car c’est un nouveau virus. On ne sait pas encore très bien qui sont les personnes fragiles.
– Donc on reste chez nous pour protéger les plus faibles, et des gens que l’on ne connaît pas.
– Oui, c’est exactement ça. C’est notre grand projet d’être humain, de vivre ensemble pour s’occuper les uns des autres.
– Oui, tu m’as déjà expliqué, comme ça on met nos qualités en commun et chacun peut avoir des défauts dont tout le monde s’occupe.
– Ha ha, oui, on peut dire ça comme ça. C’est vrai, je t’ai déjà expliqué ça, avec le langage et l’école.
– Je me souviens : nous avons inventé le langage pour partager notre savoir avec les autres.
– Oui, on peut dire ça.
– Et nos ancêtres ont inventé l’école pour que les jeunes puissent apprendre des vieux.
– Ou ceux qui ne savent pas puissent apprendre de ceux qui savent.
– C’est pareil, non ?
– Oui. Et souviens-toi que l’école ce n’est pas juste un bâtiment avec quatre murs.
– Je m’en souviens, l’école, c’est quand des personnes partagent le même rêve.
– J’aime bien ta façon de dire.
– Merci.

(1ère partie. © F. C. Rava-Reny, 2020)

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29 février 2020 6 29 /02 /février /2020 12:50

L'addiction au jeu, certains jeunes (et moins jeunes) y succombent, ou flirtent avec. Parmi les éclairages que nous pouvons apporter sur le plan cognitif, je parlerai ici de celui des trois postures (spectateur, acteur, metteur en scène).

L'addiction au jeu, c'est quand nous sommes tombés dans un piège, dans une forme sournoise d'immobilisme.
Pourquoi sournoise ? Parce que l'on ne s'en rend pas compte.
Pourquoi immobilisme ? Parce que l'on ne fait plus qu'une seule chose, jouer.
On a l'impression de décider de jouer, alors que c'est le jeu qui prend peu à peu les commandes de notre vie.
Face à ce danger, qu'aurions-nous pu faire ? Nous aurions pu le fuir, nous aurions pu l'affronter. 

Nous retrouvons alors la réponse combat-fuite, présentée par le physiologiste états-unien Walter Bradford Cannon (1871-1945) : face à un stress, un animal fuit ou se bat. Dans un modèle d'explication plus élaboré, il s'immobilise, il fuit ou il combat. Pour mieux mémoriser ces trois attitudes, un professeur ou un élève a trouvé un moyen mnémotechnique en anglais : 3 F.
Un F pour freeze, geler, donc rester immobile.
Un F pour flee, fuir.
Un F pour fight, se battre.

Nous retrouvons alors nos trois postures noématiques, spectateur pour l'immobilisme (freeze) et acteur et metteur en scène pour les deux autres. Qui est quoi ?
Le combat me semble une forme plus complexe d'activité que la fuite : il nécessite une combinaison de plusieurs êtres et plusieurs choses, ce qui est typique de la mise en scène.
Aussi je pencherais pour :
- la fuite comme posture d'acteur  ;
- le combat comme posture de metteur en scène.

Peu importe, ce qui nous intéresse ici, c'est l'immobilisme que je relie ainsi à la posture de spectateur. Sauf que c'est une posture de spectateur en excès, ou mal comprise.

Peut-être l'addiction au jeu cherche-t-elle à compenser une posture d'acteur déficitaire : la personne ne se l'accorde nulle part ailleurs dans sa vie, aussi ce besoin cognitif méprisé prend le pouvoir et accessoirement sa revanche.
Peut-être est-ce un besoin mal compris : la personne confond réceptivité avec passivité.
Peut-être est-il en excès : une mise à l'écart temporaire (fuite = posture d'acteur) pourra être une solution, ou un affrontement dans un modèle plus vaste (combat = posture de metteur en scène) offrira une autre piste d'actions.

Il sera intéressant dans tous les cas de rechercher quelles sont les postures cognitives que la personnes adopte habituellement. Cela apportera un éclairage inattendu sur le sujet.


D'autres pistes existent, comme celles reprenant chacune des neuf familles des 32 éléments de base de la pensée (ou les 32 joyaux, voir : https://amzn.to/38ObXBm) dont la piste des quatre besoins bestiaux/instinctifs, ou la recherche fondamentale de l'unité perdue.
Et ce n'est que sur le plan cognitif !...

 

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